L’alimentation influence-t-elle notre beauté ?

 

En tant que pharmacien, j’observe régulièrement des problèmes de peau dont les manifestations constantes ou cycliques sont difficiles à traiter. Au-delà de l’indispensable conseil d’un spécialiste dans les cas les plus sensibles, je ne peux que constater qu’une prise en charge globale tend à améliorer l’état de cette barrière cutanée si fragile et si indispensable.

 

L’influence de l’alimentation

Nous évoquons souvent l’hypothèse que notre peau est le reflet de notre “intérieur”, de nos émotions, et de notre hygiène de vie au sens large. Effectivement, si les soins cosmétiques et/ou les thérapies associées arrivent à recadrer la majorité de ces sensibilités, nous ne pouvons que constater l’influence de facteurs extérieurs et de facteurs de risque sur notre “enveloppe” cutanée : le manque d’éclat du visage d’un trentenaire assidu au tabagisme, les difficultés de cicatrisation d’un diabétique ou d’un asthmatique en “manque” d’oxygène, les exacerbations d’un psoriasis en cas de vie stressante, ou encore les conséquences de la déshydratation sur la peau d’une personne âgée…

Il ne faut surtout pas négliger le dynamisme de nos fonctions hépatiques sans lequel nous ne pourrions synthétiser certains éléments. Le foie est également au cœur de nombreux métabolismes et est surtout le centre de la détoxification. Acides aminés soufrés (taurine, glutathion), polyphénols, et antioxydants issus du règne végétal sont fortement impliqués dans ces phases “détox” : ail, curcuma, thé, artichaud, crucifères, agrumes, betterave, poireaux, avocats, pour n’en citer que quelques-uns, sont souvent intéressants devant une dermatose ou une peau à problèmes ! Une supplémentation adaptée peut également venir en soutien.

 

Un organe formidable

Sur le plan alimentaire, quels sont les nutriments favorables ou quels sont ceux qui influencent le renouvellement de la peau ?
La peau se renouvelle sans cesse, de 28 jours à l’âge adulte à quelques mois quand les décennies s’accumulent. Ce cycle immuable débute depuis la couche profonde régénératrice de la peau jusqu’à la desquamation des cellules mortes en superficie. Ce temps de renouvellement dépend ainsi de l’âge, mais aussi des éléments qui l’agressent (UV, acidité, pollution, notre propre métabolisme…), de la capacité à oxygéner nos cellules et donc de notre niveau d’activité physique, et, malheureusement, de facteurs génétiques, de déséquilibres hormonaux et bien évidemment d’éléments nutritionnels dont elle a besoin.

Pour remplir ses fonctions protectrices, thermorégulatrices, sensorielles - tout en gardant sa souplesse, son élasticité, sa tonicité et sa résistance - cette interface cutanée, entre environnement et milieu intérieur, doit être suffisamment hydratée et recevoir de bonnes protéines, des acides gras spécifiques, des minéraux et surtout beaucoup d’antioxydants.

 

Point trop de sucre

Attention cependant aux phénomènes de glycation que les diabétiques connaissent bien. Pour faire simple, la glycation est une altération des protéines par le sucre. Cette “caramélisation” altère les protéines de soutien de la peau (collagène, élastine…), nos immunoglobulines et certaines enzymes qui nous défendent, nos neurones qui contrôlent notre sensibilité, notre réactivité… Rappelons qu’une empreinte glucidique forte augmente les risques infectieux. Les infections cutanées s’installent en effet plus facilement et les processus de cicatrisation sont moins rapides dans ces circonstances négatives !

Graisses saturées, graisses trans, excès d’oméga-6 et moindre richesse en oméga-3 augmentent les phénomènes inflammatoires, allergiques et douloureux. Les capacités de réparation, de régénération, de communication et l’immunité sont étroitement liées à cet équilibre en acides gras. Chaque membrane (au niveau externe de nos cellules, au niveau de l’enveloppe de notre code génétique ou de nos structures énergétiques…) est également constituée de deux couches de lipides, et l’intégrité de nos cellules cutanées dépend fondamentalement de cet équilibre.

 

Nourrir la peau

Oui, la peau se renouvelle, mais cette vie brève ne nous exonère pas de lui fournir quotidiennement les éléments qui la protègent. Ces fameux antioxydants que sont les vitamines E et C. Et nous pourrions y ajouter la vitamine D, dont la synthèse débute au niveau de la peau sous l’influence du rayonnement solaire. Ces protecteurs cellulaires (liste non exhaustive) permettent à la peau de remplir en toute “sérénité” ses fonctions d’interface, de régulation et de synthèse. Si la vitamine E s’insère dans les membranes pour protéger ses nombreux lipides, des antioxydants plus solubles forment des sentinelles à l’extérieur et à l’intérieur de nos cellules pour lui garantir son intégrité structurelle et génétique. Écoutons, observons, regardons la nature et sa capacité à mixer ces différents oxydants et profitons de leurs bienfaits en les intégrant à nos habitudes alimentaires !

Les fruits et légumes qui éblouissent nos yeux de leurs multiples couleurs sont des sources de nutriments tout aussi indispensables. De jour comme de nuit, la peau utilise les propriétés bénéfiques de ces catégories d’aliments : neutralisation de l’acidité environnementale, lutte contre les radicaux libres par la présence de vitamines protectrices, de minéraux et oligoéléments stimulateurs enzymatiques et d’une multitude d’antioxydants dont nos précédents caroténoïdes.

Les trois principaux (β-carotène, lutéine et lycopène) représentent d’ailleurs 70 % des caroténoïdes de la peau et l’aident à se protéger et à se reconstruire. Nous trouvons le β-carotène dans les poivrons, la carotte, épinard, laitue, tomate, patate douce, brocoli, courge, abricot ; la lutéine dans le jaune d’œuf, le chou frisé, les épinards, les courges, les pois verts ; et le lycopène principalement dans la tomate et ses dérivés.

 

Voilà un bref aperçu de ce que notre assiette doit contenir pour une peau tonique et éclatante. Lors de l’écriture de cet article, c’était la période estivale avec un semblant de liberté qui frémissait mais sous la menace d’une 4e vague, j’espère qu’à la lecture de ce n°175 de PharmaVie nous pourrons enfin ôter les masques et dévoiler notre visage pour montrer son plus bel atout : son sourire embellit de ces bons conseils !

 

Par Pascal Guerit

Docteur en pharmacie

DU Diététique et nutrition

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