Immunité et Covid

Que de malheurs, de victimes, de pertes économiques, de drames sociaux… face à cette pandémie Covid-19, déjà identifiée en 2019, il y a déjà plus d’un an. À l’approche de 2021, ce SARS-CoV n2 (car ce ne fut pas le 1er à provoquer autant de détresse respiratoire) faudra-t-il encore « vivre avec » en attendant des thérapies vaccinales efficaces et fiables ou d’autres traitements préventifs ou salvateurs ?

 

Nombreux sont les scientifiques à nous avoir donné des conseils, des recommandations à suivre, mais toujours avec cette part d’incertitude quant à la meilleure approche. Si nous connaissons de mieux en mieux ce coronavirus, nous connaissons bien notre système immunitaire, bien qu’il puisse lui aussi nous dévoiler encore de multiples interconnexions inconnues à ce jour. Cependant, les cellules immunitaires impliquées dans nos défenses agissent en synergie, et nécessitent les meilleures conditions pour exprimer leurs pleines facultés.

Dans ce dédale de facteurs, l’environnement et l’hygiène de vie conditionnent cette vigilance quotidienne. L’hyperactivité, le stress, la sédentarité, la luminosité, l’équilibre de nos microbiomes (intestinal, bronchique), le tabagisme, les nutriments à sa disposition… vont moduler à la hausse ou à la baisse son activité.

Les cellules immunitaires

Pour affronter ces périodes d’invasions microbiennes, les cellules immunitaires doivent « rouler au super ». Leur consommation énergétique peut être multipliée par un facteur 10 lorsque « l’envahisseur » nous agresse. Les oméga-3 renforcent nos muqueuses en leur permettant d’acquérir plus de réactivité, augmentent le niveau énergétique cellulaire en fluidifiant les transports intracellulaires, et amplifient, par leurs dérivés, la réponse immunitaire et protectrice… contrairement aux omega-6 et aux acides gras « trans », qui génèrent davantage de faiblesse.

Le magnésium, qui est le pivot de l’énergie, doit être apporté quotidiennement par du chocolat noir à 85 % de cacao, des eaux minérales enrichies, des oléagineux, des céréales complètes, des produits de la mer… ou quelques compléments alimentaires pour remonter des concentrations affaiblies par nos modes de vie et/ou notre environnement ou des pathologies associées.

Le CoQ10, ou Coenzyme Q10, présent au sein de toutes nos cellules, doit garantir le bon fonctionnement des centrales énergétiques. Quelques sources alimentaires comme les épinards, les poissons gras, les oléagineux, certaines huiles en contiennent, mais souvent une supplémentation s’impose, de l’ordre de 100 mg/j environ. Votre pharmacien vous conseillera un dosage adapté en fonction de votre âge, de votre faiblesse et de certains médicaments prescrits comme les statines, qui épuisent à la longue les taux circulants.

Pour compléter ces cofacteurs énergétiques, citons les vitamines du groupe B et certains acides aminés comme la glutamine, la lysine, que l’on trouvera dans les protéines végétales (céréales complètes, légumineuses, algues, oléagineux), les protéines de la mer (poissons, coquillages…), qui nous apporteront aussi du zinc, indispensable à la duplication cellulaire.

D’autres vitamines, comme la D et la C, sont très actives au niveau de nos défenses. De nombreuses enquêtes nutritionnelles démontrent à quel point une grande majorité de la population en est déficiente. La vitamine D a la capacité d’activer, de promouvoir nos cellules immunocompétentes pour qu’elles agissent plus vite, plus intensément. Elle aide aussi à mobiliser des cellules spécifiques dites mémoires, qui conservent une trace de l'agresseur pour une action ultérieure plus rapide et plus ciblée. En mai dernier, en pleine crise Covid, l’Académie nationale de médecine recommandait, entre autres, d’apporter une supplémentation en vitamine D de 800 à 1000 UI/jour chez les personnes âgées. Ce sont surtout les poissons gras, puis les œufs et le lait, qui apportent cette vitamine D.

En période hivernale, la vitamine C est moins abondante dans les fruits et légumes, d’où la priorité à une cuisine avec des produits frais, naturels, locaux, et un mode de cuisson peu agressif et/ou une légère supplémentation avec cette petite cerise appelée acérola, bio si possible.

Le zinc est un minéral indispensable à la croissance de cellules appelées macrophages (cellules qui prennent en charge en premier les bactéries, virus et corps étrangers). Une excellente source de zinc est l’huître, mais on le trouve aussi dans les viandes rouges, le foie, les jaunes d’œufs, les poissons, les volailles… Toutes ces bonnes choses croiseront vos repas festifs de fin d’année. Comme quoi, les repas de Noël et du Jour de l’an ne sont pas si mauvais. 

Un grand débat contradictoire

Il a perduré pendant la crise du Covid : quid des anti-inflammatoires (AINS) en même temps qu’une symptomatologie déclarée ?

Nous avons malheureusement pu le constater, ce syndrome respiratoire aigu s’amplifie dangereusement en présence de cytokines inflammatoires délétères et incontrôlables. Rappelez-vous, les virologues, infectiologues, réanimateurs… parlaient d’un « orage cytokinique ». Il faut faire la distinction entre ce débordement excessif de molécules inflammatoires en présence de ce coronavirus, tel un fleuve en crue, et l’inflammation du départ, qui stimule la vigilance du système immunitaire.

Alors, AINS, oui ou non ? Je ne suis pas là pour trancher, et je laisse les experts et le ministre de la Santé annoncer les recommandations en vigueur, mais j’ai l’intime conviction qu’un état inflammatoire « de bas grade » (sans signaux biologiques) désorganise une réponse adaptée.

Pour éviter ces dysfonctionnements, l’alimentation doit régulièrement optimiser les nutriments protecteurs. En premier lieu les polyphénols, cette vaste famille très abondante dans le monde végétal. Le thé et ses catéchines, les épices, les aromates, le raisin et ses tanins, les agrumes et leurs flavonoïdes, le cacao et les proanthocyanidines, la pomme, l’oignon et la quercétine… sont nos plus fidèles protecteurs cellulaires. Mieux protégées, les structures tissulaires souffriront moins au contact d’un syndrome inflammatoire aigu.

L’inflammation

L’inflammation est aussi le domaine des graisses, et surtout l’excès de graisses saturées d’origine animale, comme les produits laitiers et leurs dérivés, les viandes grasses et certaines huiles végétales, comme palme, coco, arachide, tournesol… Les graisses hydrogénées ne sont pas en reste, et malheureusement, elles sont de plus en plus présentes dans notre l’alimentation via l’industrie agroalimentaire qui les utilise trop souvent.

Réguler l’inflammation, c’est équilibrer les acides gras en diminuant les précédents et en optimisant l’utilisation de bonnes huiles de table, comme l’huile de colza, de noix, de cameline, de chia…

Bien que le fer soit une arme essentielle de proximité pour nos macrophages et autres cellules immunocompétentes, trop de fer dans l’organisme semble nuisible pour les autres cellules. Le fer excédentaire, non lié à ses protéines de transport, les oxyde davantage, y compris celles qui nous servent à nous défendre, mais surtout, c’est un facteur de croissance des bactéries et virus. L’apport en fer à travers un complément alimentaire ou un médicament doit rester du domaine médical après analyses.

Les nutriments à réduire sont aussi ceux qui déstabilisent notre flore intestinale (acides gras hydrogénés, omega-6, trop de protéines animales…). Or, la majorité de nos défenses sont présentes au niveau intestinal. Un complément alimentaire adapté, à l’entrée de l’hiver, contenant des probiotiques et/ou des prébiotiques, dynamisera cette régulation.

La gestion du stress, des pensées positives, la relaxation, la détente, un sommeil récupérateur, une activité physique régulière sont autant de principes salvateurs. Notre immunité dépend de notre hygiène de vie et de nos habitudes alimentaires.

 

Pascal Guerit

Docteur en Pharmacie

DU diététique et Nutrition

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