Anxiété, dépression, troubles bipolaires... Comment s'en libérer ?

 

Les troubles psychiques ne sont pas sans réponses. À condition d’en prendre conscience et d’accepter de travailler sur soi avec les bonnes thérapies.

 

Pas facile quand on est envahi par l’anxiété ou submergé par des pensées négatives de trouver la motivation et l’énergie pour en sortir. Pas simple non plus d’être lucide sur soi-même lorsqu’on alterne les états d’exaltation et de dépression. L’entourage croit bien faire avec des injonctions du type « prends-toi en main », « arrête de te laisser aller »… Sauf que « demander à un déprimé de se secouer, c’est comme demander à un aveugle de voir », explique le Dr Patrick Lemoine, psychiatre.

Ainsi, face à quelqu’un dont le psychisme semble fragile, mieux vaut ne pas ajouter de la culpabilité à la culpabilité mais essayer de l’aider à devenir proactif. Pour cela, le Dr Nicolas Neveux, psychiatre et psychothérapeute, suggère d’expliquer à la personne qui souffre qu’elle n’est pas « coupable de son mal-être mais responsable de faire de son mieux pour modif ier son état, et qu’elle ne perd rien à se faire accompagner par un professionnel ».

 

LES THÉRAPIES COMPORTEMENTALES POUR DOMPTER L’ANXIÉTÉ

Si tout le monde a un jour ressenti de l’anxiété, celle-ci doit être considérée comme pathologique dès lors qu’elle paralyse, empêche d’avancer dans des projets personnels et/ou socioprofessionnels, sans justifications réelles.

Les signes majeurs : sentiment d’angoisse ou de peur, idées obsédantes, incapacité à lâcher prise au profit d’un contrôle permanent, culpabilité excessive, etc., associés à des symptômes physiques type fatigue chronique, insomnies, douleurs (cou, épaules), troubles digestifs, etc.

Les traitements : quand l’anxiété devient handicapante, les anxiolytiques, qui augmentent le taux de sérotonine (neuromodulateur qui augmente la sensation de bien-être) peuvent parfois être nécessaires. Mais des méthodes non médicamenteuses ont aussi fait leurs preuves.

« Indiquées parce qu’elles sont les seules psychothérapies à avoir scientifiquement prouvé leur efficacité dans la guérison de tous les troubles anxieux, les thérapies cognitivocomportementales (TCC) aident le patient à contester les pensées catastrophistes qui l’assaillent en l’amenant notamment à s’interroger sur le bien-fondé de ses croyances et la pertinence de ses schémas. En cas de phobie ou d’anxiété sociale, les thérapies interpersonnelles (TIP) permettent de surmonter les problèmes de relation aux autres. En complément, des règles hygiénodiététiques sont utiles comme booster ses apports en oméga 3 [NDLR : poissons gras, huile de lin, spiruline, complément alimentaire] puisque des effets bénéfiques ont été observés chez des patients en recevant plus de 2 g par jour», indique le Dr Neveux. 

 

UNE SYNERGIE DE SOLUTIONS POUR SOIGNER LA DÉPRESSION

Contrairement à la grippe qui se manifeste à peu près toujours par les mêmes symptômes, la dépression peut revêtir différentes formes. Certains déprimés sont tristes, d’autres pas, d’aucuns sont calmes, d’autres sont agités, les uns raisonnent avec lucidité, les autres délirent (dans certaines formes très graves).

Les signes majeurs : la principale marque de la dépression est l’incapacité à se projeter dans l’avenir et à anticiper. Mais également : ralentissement (le déprimé est plus lent dans son corps et dans sa tête), perte de plaisir (anhédonie), anxiété, crises de larmes, tristesse, pessimisme, troubles du sommeil, fatigue, etc.

Les traitements : la bonne nouvelle, c’est que, là encore, toute dépression ne nécessite pas des médicaments. Une fois le diagnostic posé, c’est au médecin d’évaluer le degré de gravité et d’adapter le traitement.

 

MÉDICAMENTS ET PSYCHOTHÉRAPIE POUR RÉGULER LA BIPOLARITÉ

« Les troubles bipolaires ne sont pas simples à repérer et, une fois le diagnostic posé, les patients ont du mal à reconnaître sa véracité, notamment parce qu’ils ne se souviennent pas de leurs phases maniaques [NDLR :  état de grande exaltation] ou parce qu’elles sont si “agréables” qu’ils ne veulent pas se traiter », explique le Dr Neveux. Pourtant, un traitement est essentiel afin de stabiliser l’humeur.

Les signes majeurs : variabilité de l’humeur avec alternance d’épisodes dépressifs et maniaques (excitation psychique, désinhibition, impulsivité, grands projets, dépenses inconsidérées, difficultés à se concentrer, etc.), hypomaniaques (symptômes de l’épisode maniaque mais atténués), ou mixtes (état dépressif couplé à l’état maniaque), hyperphagie (crises de boulimie), hypersomnie (somnolence diurne excessive).

Les traitements : des thymorégulateurs sont prescrits en traitement de fond. Ils ont l’avantage de réduire la fréquence, la durée et l’intensité des épisodes dépressifs et maniaques, et d’améliorer la qualité de vie entre chaque épisode.

« En parallèle, une psychothérapie est incontournable pour assurer l’éducation thérapeutique du patient [NDLR : éviction des excitants comme le café, le tabac, etc., régulation du sommeil] mais également pour l’amener progressivement à détecter lui-même précocement les premiers signes d’un épisode dépressif ou maniaque. Ceci afin de l’aider à gérer ses émotions et éviter une rechute », souligne le psychiatre. Pour cela, ce sont les TCC qui ont prouvé leur intérêt, de même que les TIP, en particulier grâce à leur action bénéfique pour aménager les rythmes sociaux, ce qui est efficace dans la prévention des récidives. ●

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