Alimentation et infertilité ?

 

Comme l’indiquent les statistiques de l’Inserm en France, environ un couple sur huit consulte en raison de difficultés à concevoir un enfant. Dans 10 à 25 % des cas, elles ne sont pas attribuables à un défaut spécifique d’un ou des deux partenaires, mais des causes environnementales pourraient expliquer ces résistances.

 

La fécondation est un processus physiologique complexe qui fait intervenir de nombreux tissus finement orchestrés par le système hormonal. Cette sensibilité, cette délicatesse s’étagent depuis les organes intimes (ovaires) jusqu’au cerveau. Chez la femme, au-delà de la quantité des ovocytes produits, c’est leur fonctionnalité, leur capacité à migrer, leur perméabilité aux spermatozoïdes qui peut se voir fragiliser par d’autres paramètres que la génétique ou certaines maladies. Du côté des hommes, on observe au fil des décennies une baisse quantitative, mais également qualitative, des spermatozoïdes, avec un déficit énergétique, lui-même lié parfois à une fatigue plus générale.

 

Loin de ma pensée l’idée de laisser croire dans cet article que l’alimentation est la première cause d’infertilité, alors que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), l’insuffisance ovarienne, l’endométriose… pour ne citer que les principales pathologies féminines, amènent en premier les femmes et les couples à consulter. Consultations au cours desquelles de multiples stratégies thérapeutiques seront envisagées. Si les médecins spécialistes proposent différentes méthodes avec la plus grande rigueur, il est toujours nécessaire de rappeler les règles hygiéno-diététiques.

 

Du facteur environnemental à l’assiette

Certains équilibres sont connus pour être des freins lorsqu’ils sont insuffisamment contrôlés. Bien qu’il ne s’agisse pas de diététique, nous citerons en premier le tabagisme. Il est traditionnellement admis qu’il joue un rôle négatif à chacune des étapes de la reproduction, chez la femme comme chez l’homme, avec une qualité des spermatozoïdes altérée chez ce dernier. Ces toxines tabagiques génèrent des phénomènes oxydatifs qui perturbent insidieusement, mais profondément, les systèmes de régulation.

Dans la famille des toxines, ajoutons les pesticides, solvants, métaux lourds, divers polluants organiques… qui nous entourent et, qui pour certains, viennent perturber les régulations hormonales par leur similitude constitutionnelle. C’est ce que l’on regroupe sous le terme de perturbateurs endocriniens. Honnêtement, je ne sais pas si les ondes qui se diffusent dans notre quotidien ont un rôle négatif sur ces systèmes sensibles, mais ma conviction me laisse à penser que notre environnement est un tout et que, s’il est difficile de mettre en lumière de manière scientifique tel ou tel élément, leur association négative n’est pas additionnelle, mais plutôt exponentielle !

 

On s’intéresse de plus en plus à ces causes environnementales et aux mauvaises répercussions qu’elles pourraient avoir directement sur notre génome et indirectement sur celui-ci. C’est ce que l’on appelle l’épigénétique. Cette science étudie les expressions différentes d’un même génome en fonction de différents types d’imprégnations environnementales ou alimentaires, par exemple. La bonne surprise est que cette somme d’informations complémentaires dévoilées par nos comportements ou notre environnement est réversible ; ce qui montre à quel point nos habitudes hygiéno-diététiques et notre environnement peuvent interférer négativement, mais heureusement aussi positivement, sur l’expression de ces variations de notre génome.

 

Afin d’illustrer ce paragraphe un peu technique, rappelons-nous, dans notre entourage, ce couple d’amis qui, après maintes tentatives de traitements ou de fécondation artificielle, se voit récompensé par une grossesse inattendue après l’arrêt de tous les traitements. Les facteurs psychiques influeraient-ils sur nos gènes par ce phénomène de l’épigénétique, auraient-ils un si grand pouvoir de nuisance lorsqu’ils ne sont pas contrôlés ? On estime que les chances de fécondation seraient diminuées de près de 40 % chez les femmes présentant un niveau de stress élevé au moment de la fécondation. Idem pour les hommes avec des spermatozoïdes « épuisés » face à ce déficit énergétique imputable au stress et aux tensions quotidiennes.

 

La diététique de la fertilité

Face à cette spirale désinhibante du stress, il faudra mettre l’accent sur les aliments riches en magnésium et en coenzyme Q10 (CoQ10), comme notre incontournable chocolat noir de fin d’après-midi (ou plus fréquemment chez les plus gourmands !), des produits de la mer, crustacés et coquillages qui nous apportent également du zinc, principal cofacteur enzymatique avec son cousin le magnésium. Le CoQ10 devra souvent être donné sous forme de compléments alimentaires (100 à 200 mg/j). On le trouve bien dans les brocolis, les fraises, les épinards, l’huile de soja, les pistaches… mais malheureusement en quantité trop faible par rapport à cet apport conseillé.

 

Alors, dans ce contexte d’infertilité qui nous préoccupe, quelles seraient les bonnes bases d’une « diététique de la fécondité », une fois les tensions psychiques maîtrisées ?

 

En préambule, on notera qu’il est admis que le surpoids, l’obésité sont des facteurs aggravant cette infécondité. En effet, l’accumulation de graisses au niveau du tissu adipeux génère de l’inflammation et des signaux hormonaux (leptine, adenopectine…) qui désynchronisent les contrôles hypothalamo-hypophysaires, eux-mêmes responsables de la sécrétion des hormones féminines et masculines.

 

Alors oui, toutes les règles alimentaires qui iraient dans le sens d’une régulation glucidique seraient  intéressantes à mettre en place pour ces couples en difficulté. On voit ici, qu’au-delà de cette accumulation de graisses, ce sont les signaux inflammatoires qui potentialisent ces dérégulations. Une alimentation moins inflammatoire et par ailleurs moins acide sera une bonne base à promouvoir. Il faudra mettre de côté les protéines animales, les céréales raffinées, les produits sucrés et les produits laitiers transformés (fromages en particulier) qui inondent notre corps de mauvais signaux, et privilégier de préférence un surplus de végétaux, d’aliments non transformés, d’aliments de saison et bio si possible, pour rejoindre notre paragraphe sur les toxines !

 

Si le foie est un organe capital dans la régulation glucidique, il intervient également dans la détoxification, la synthèse et la dégradation de plusieurs hormones. Les aliments qui lui sont favorables sont nombreux, mais citons : avocats, cannelle (elle-même intéressante pour la glycémie), curcuma et gingembre aux propriétés également anti-inflammatoires, huile d’olive, mais également en complément, les aliments ou huiles riches en oméga-3, les fruits rouges, le thé vert, le thym, le romarin… et de nombreux condiments et épices riches en polyphénols protecteurs.

 

Bien que davantage étudiée dans le cadre des pathologies cardiovasculaires, l’alimentation à tendance méditerranéenne est un « régime » à privilégier pour ses bonnes constantes nutritionnelles.

 

Enfin, si une baisse de la libido accentue ces problèmes d’infertilité, des condiments « passion » stimulants, comme le gingembre, le wasabi, le piment d’Espelette… pour ne citer que les plus réputés, pourront agrémenter un dîner romantique !

 

Dans ce numéro, un carpaccio « sentimental » vous est proposé, mais à consommer avec modération…

 

Pascal Guerit

Docteur en Pharmacie

DU Diététique et Nutrition

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