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Teint de pêche, peau d’orange… L’alimentation influence-t-elle notre beauté ?

Teint de pêche, peau d’orange… L’alimentation influence-t-elle notre beauté ?

« Quel teint éclatant… Qu’est-ce que tu as fait ? » La réponse à cette délicate attention tourne souvent autour des soins cosmétiques, mais l’hygiène de vie et l’alimentation n’influeraient-ils pas plus sur notre derme ?

 

Il suffit de s’en persuader en observant le visage d’un trentenaire assidu au tabagisme, les difficultés de cicatrisation d’un diabétique, les exacerbations du psoriasis en cas de vie stressante, ou les conséquences de la déshydratation sur la tonicité de la peau d’une personne âgée.

La structure cutanée

Mais quels sont les nutriments utiles à notre structure cutanée, ou quels sont ceux qui influencent négativement son renouvellement ? Car la peau se renouvelle sans cesse, de 28 jours à l’âge adulte, quand les bougies ne sont pas encore trop nombreuses sur le gâteau d’anniversaire, à quelques mois quand les décennies s’accumulent. Mais la peau suit toujours un cycle immuable depuis sa couche basale régénératrice à sa surface et la desquamation de ses cellules mortes. Ce temps de renouvellement dépend donc de l’âge, mais aussi des éléments qui l’agressent (UV, acidité, pollution, toxines tabagiques et autres…), de l’oxygénation, et donc de notre capacité à réduire la sédentarité, des facteurs malheureusement génétiques pour certains, des sécrétions hormonales et des éléments nutritionnels dont elle a besoin.

Pour remplir ses fonctions protectrices, thermorégulatrices, sensorielles, de synthèse… tout en gardant sa souplesse, son élasticité, sa tonicité et sa résistance, cette interface cutanée entre environnement et milieu intérieur doit être suffisamment hydratée et recevoir de bonnes protéines, des acides gras spécifiques, des minéraux, et surtout beaucoup d’antioxydants.

Certaines dermatoses sont d’ailleurs plus ou moins liées à des déficiences ou carences d’apports : pellagre et vitamine B3, vitamine B8 et dermatite eczémateuse, zinc et certains eczémas, acides gras, vitamines A et D et psoriasis… sans compter les multiples manifestations cutanées pour allergies alimentaires.

Ce dont notre peau a besoin, c’est d’un apport contrôlé en glucides pour limiter les phénomènes de glycation. Pour faire simple, la glycation est une altération des protéines par le sucre. Cette « caramélisation » altère les protéines de soutien (collagène, élastine…), les immunoglobulines et certaines enzymes qui nous défendent, les neurones contrôlant notre sensibilité… Enfin, rappelons qu’une empreinte glucidique forte augmente les risques infectieux. Les infections cutanées s’installent plus facilement, et les processus de cicatrisation sont moins rapides dans ces circonstances négatives !

L’équilibre des acides gras

Un apport excessif en graisses saturées, en graisses de la famille des oméga-6 et une moindre richesse en oméga-3 augmentent les phénomènes inflammatoires, allergiques et douloureux. Les capacités de réparation, de régénération, de communication, l’immunité, sont étroitement liées à notre équilibre des acides gras. Chaque membrane cellulaire est également constituée de 2 couches de lipides. Cette intégrité dépend de cet équilibre fondamental. Chaque catégorie de graisses a sa place, mais, dans ce domaine cutané, les écarts et les excès peuvent être nocifs.

Les antioxydants

Oui, la peau se renouvelle, mais cette vie brève ne nous exonère pas de lui fournir les éléments qui la protègent. Ces fameux antioxydants que sont la vitamine E, la vitamine C, les caroténoïdes… qui sont nécessaires à la peau pour remplir ses fonctions d’interface, de régulation et de synthèse. Si la vitamine E s’insère dans les membranes pour protéger les nombreux lipides, des antioxydants plus solubles forment des sentinelles à l’extérieur des cellules, et garantissent son intégrité structurelle et génétique.

Les fruits et légumes qui éblouissent nos yeux de leurs multiples couleurs sont profondément indispensables à ces cellules. De jour comme de nuit, la peau utilise les propriétés bénéfiques de ces catégories d’aliments : neutralisation de l’acidité environnementale, lutte contre les radicaux libres par la présence de vitamines protectrices, de minéraux stimulateurs enzymatiques, et d’une multitude d’antioxydants dont les caroténoïdes.

Bêta-carotène, lutéine et lycopène représentent 70 % des caroténoïdes de la peau, et l’aident à se protéger et à se reconstruire. On trouve le bêta-carotène dans le poivron, la carotte, l’épinard, la laitue, la tomate, la patate douce, le brocoli, la courge, l’abricot… la lutéine dans le jaune d’œuf, le chou frisé, l’épinard, la courge, le pois vert… et le lycopène principalement dans la tomate et ses dérivés.

Alors, dorénavant, vous savez quoi faire pour garder une peau tonique, pleine d’éclat et sans ridules… ou juste celles nécessaires à votre singularité !

 

Pascal Guerit

Docteur en Pharmacie

DU Diététique et Nutrition